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La présence des artistes en résidence offre une réelle opportunité de créer un espace rare où la pédagogie est en lien direct avec l’acte de création. Un éventail large de propositions a été mis en place pour tous les publics.

Les intervenants

§ Matthias Groos

Initialement tourné vers des études théâtrales, il entre, après son BAC, au Centre National De Danse Contemporaine à Angers pour suivre la formation d’interprète. Il y découvre Cunningham, suit l’enseignement des DUPUIS et entame le Yoga qu’il continue de développer.
Un an, après il rencontre Régine CHOPINOT et part à La Rochelle finir sa formation dans le cadre des «  em-BARC-qués » au Ballet Atlantique. Très marqué par l’univers de la chorégraphe, il se réclame lui-même «  enfant de la maison CHOPINOT ».
Parallèlement, il suit l’enseignement de Jacques GARROS, psychomotricien, qui lui apporte le goût de la transmission grâce à une pédagogie basée sur le ressenti liant la conscience à la structuration corporelle et respiratoire.
Cette même année, il intègre la classe de chant du conservatoire comme baryton- basse.
Au sortir de cette riche expérience, il décide de partir vivre un an aux Antilles et reste aujourd’hui encore passionné par la culture Caribéenne.

A son retour, il rencontre Serge KEUTEN dont la vision artistique à la fois politique et humaniste font écho à ses propres aspirations. Il le rejoint pendant 4 ans sur une mission de décentralisation culturelle en Picardie. Il passe ainsi du « confort » des centres chorégraphiques à l’âpreté du travail de terrain. Cette confrontation va le conforter dans son désir d’être en lien le plus directement possible avec et au milieu des populations. Durant ces années il va mettre en pratique le principe artiste/interprète/pédagogue qu’il défend aujourd’hui.

C’est là qu’il entame ses incursions vers des domaines plus ardus et mène durant deux ans un atelier avec des handicapés mentaux. Il devient assistant chorégraphe et signe sa première pièce : «  Les Trois Singes », qui scelle de manière professionnelle le début de sa collaboration artistique avec la scénographe Gaëlle BOUILLY.

Curieux et fuyant les idées préconçues légions dans le domaine de la danse, il fait une incursion vers le Jazz et intègre la compagnie de Bruno VANDELLI à Cannes, collabore avec Kamel OUALI,…

A 27 ans, il revient s’installer en Bretagne où il intègre la compagnie Grégoire and co dirigée par Sylvie Le QUERE. D’abord interprète, il devient son assistant et, à partir de là, affirme les bases de son identité artistique et pédagogique.

Il devient personne ressource dans le cadre de danse école, travaille régulièrement pour les Associations Départementales de Danses sur tout le territoire, mène des formations dans des cadres variés (IUFM,…).
Il intensifie sa pratique du yoga et passe son diplôme d’état de professeur de danse en candidat libre.

C’est une carte blanche lors de la semaine de la danse de Guingamp, qui va voir naître le solo « FACE », solo déclencheur de la compagnie 29x27. Il fonde ce format conjointement avec Gaëlle Bouilly, scénographe et amie depuis le lycée. Ensemble, ils écrivent et imaginent la matière de la compagnie guidée par leur goût réciproque de l’humour, de la poésie décalée et de l’investissement généreux des corps dans l’espace. Très rapidement, ils écrivent le duo, « Encore !… », espièglerie sur table qui confirme leur désir pour les objets et contre vents et marées, ils partent en « guerre » pour monter leur première grosse création le quintet « Eighties », métaphore artificielle sur ces années fluos.

Durant deux ans, il sera directeur de l’école municipale de Danse de Douarnenez où il fera fusionner l’éveil & initiation à la danse avec la musique.

Durant cette période, il rencontre Christine Rougier qui lui demande d’intégrer le projet « Solitaire » avec Marthe Vassalo. Le duo qui développe une dramaturgie vocale et chorégraphique autour du thème du héros, sera un travail fructueux.

Cherchant un partenaire pour légitimer la présence de la compagnie sur le département du Morbihan, ils développent (Gaëlle et Matthias), avec la municipalité de Saint-Avé et la salle de spectacle le Dôme, l’idée d’une résidence d’artiste associé pour 3 ans. A la recherche de modèles de complicités artistiques à inventer, ils mettent en place une mutualisation de 3 compagnies du Morbihan avec trois compagnies de Loire Atlantique, qui donnera jour à « la danse des 6 », une soirée partagée regroupant des formes courtes.

En septembre 2008, ils démarrent leur résidence d’artiste associé au Dôme, diffuse « la danse des 6 » et entame l’écriture du solo « Les FéES rient-elles ? », qui synthétise de manière forte l’écriture et l’orientation artistique de la compagnie. Cette création sur la persistance de l’imaginaire de l’enfance et sur le temps qui passe, allie la voix, le corps et le texte. La dramaturgie devient globale. L’équipe artistique et technique de la compagnie est constituée, solide et fidèle.

Dans le cadre de la résidence, ils développent des ateliers en lien avec l’hôpital psychiatrique. Elargir sa palette de pédagogue, c’est aussi s’éloigner de la technicité de la danse pour mieux cerner l’humain en mouvement. Questionné par la notion de thérapeute, il entame une formation de masseur ayurvédique au centre Tapovan qu’il continue toujours d’approfondir aujourd’hui.

En 2010, la compagnie est lauréate du concours jeune chorégraphe d’Arques avec le solo  « FACE » et finit les répétitions du trio «  le ring des anges » une fable sur l’émulation, le jeu et l’imaginaire. Il s’apprête à devenir une fois de plus le « solitaire »  de Christine Rougier avec qui il collabore régulièrement et retravaillera le solo  « Les Fées rient-elles ? ».

2012 a vu apparaitre la sixième création de la compagnie, « GUERRE ET PLAY », un duo, qui met en danse deux êtres perdus, cernés par une armée symbolique, où vient se rajouter un troisième personnage machiavélique.
Une performance, pièce tout terrain : en appartement, en extérieur, en hall, ... partout sauf sur scène est proposée en 2013 : Roméo et Monique, elle tourne toujours depuis, dans des lieux atypiques…
Le labyrinthe de l’hippocampe a été créé en 2015, Une création pour 4 interprètes, une scénographe et un musicien autour d’une pièce au titre suggestif et équivoque : le labyrinthe, à la fois « réel » et « symbolique » ; et l’hippocampe : « seul animal aquatique à nager verticalement » mais également « structure de l’encéphale, jouant un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale ». Cette création utilise le prisme de la relation intime qui existe entre le réel, le symbolique et l’imaginaire pour développer une dramaturgie singulière, qui va plonger 4 danseurs dans les affres graves et émouvants du langage.

En 2018 sera créé Un seul être, un récit chorégraphique et théâtral où trois hommes qui ne se connaissent pas se rendent compte qu’ils se sont fait quitter par une même entité. Les tentatives pour retrouver cet amour perdu seront le prétexte à voir émerger une solidarité inattendue entre eux.

Depuis 2012, conscient des enjeux plus que précaires des rouages de la culture en France, il a mis en place avec l’équipe 29x27 un projet de lieu « à eux » pour résister avec douceur mais fermeté, au formatage et à la logique quantitative qui règne désormais.
C’est un lieu de création, de réflexion et de pédagogie autour du corps mais dans tous ses états.
C’est un lieu partagé avec d’autres artistes et d’autres disciplines.
C’est surtout un lieu de partage et de rencontre autour d’une vision politique et humaniste du corps dans notre société, entre artistes, thérapeutes, intellectuels et ouvert sur le monde.
C’est le projet SEPT CENT QUATRE VINGT TROIS.

© Henri Brauner,